École d'Horlogerie de Paris

Fondée 1880 • Institution Pionnière

L'Excellence Horlogère Française

Fondée par Auguste Rodanet en 1880, l'École d'Horlogerie de Paris devint l'institution de référence pour l'apprentissage du métier d'horloger, transformant radicalement la formation des artisans français.

L'École d'Horlogerie de Paris : Prestigieuse puis Effacée

Une vision révolutionnaire

Jules Grévy

Le 12 juillet 1883, Jules Grévy reconnaît d'utilité publique l'École d'Horlogerie de Paris

L'École d'Horlogerie de Paris ne fut pas une simple académie technique. C'était une vision révolutionnaire de la formation professionnelle, conçue par Auguste Rodanet avec une conviction profonde : l'excellence horlogère devait être transmise et pas simplement préservée dans les ateliers familiaux.

À une époque où l'apprentissage se faisait essentiellement par transmission orale, Auguste proposa une approche novatrice : l'école combinait cours théoriques (mathématiques, physique, chimie, cosmographie, géométrie...) et pratiques en atelier, où les étudiants apprenaient les techniques millénaires du métier.

L'établissement devint rapidement célèbre pour sa rigueur et son exigence. Ses normes étaient plus strictes que celles des autres institutions de formation.

Une fondation portée par la profession

École d'Horlogerie de Paris - Vue ancienne

L’école a été fondée en 1880 sous le patronage de la Chambre syndicale d’horlogerie de Paris notamment grâce à son président Auguste Hilaire Rodanet. Il devient l’un des membres les plus actifs et les plus influents de la profession horlogère puisqu’il réussit à fédérer de nombreux horlogers réputés pour devenir membres fondateurs.

Totalisant plus de 80 membres fondateurs, nous pouvons citer de hautes personnalités horlogères comme Paul Garnier, Henry Lepaute, Onésime Dumas, Théodore Marie Leroy, Robert Houdin fils, Gustave Sandoz, les descendants de la dynastie Japy, Claudius Saunier (fondateur de la Revue chronométrique), Louis Constantin Detouche, et l'Horlogerie Diette. Des institutions gouvernementales, telles que le ministère de l'Instruction publique, le ministère du Commerce et le Conseil municipal de Paris se joignent également à cette fondation.

Initialement inaugurée au 99, rue du Faubourg-du-Temple à Paris (Xe arr.), l'école déménage en 1888 au 30 rue Manin (XIXe arr.) et ne tarde pas à obtenir l'admiration du gouvernement et du président de la République Jules Grévy, qui la reconnaît d'utilité publique par un décret du 12 juillet 1883. Elle devient alors la première école née de l'initiative privée reconnue d'utilité publique par l'État.

Une formation d’excellence

Classe de l'École d'Horlogerie de Paris Programme et Médailles de l'École d'Horlogerie de Paris

Cette institution a dispensé un enseignement théorique et pratique à des milliers d’élèves, qui sont devenus des ouvriers habiles ou des maîtres horlogers estimés et très prisés par les plus prestigieuses maisons horlogères.

Avec les ressources modestes de la Chambre syndicale d’horlogerie de Paris, Auguste Hilaire a fait de nombreux sacrifices et fourni des efforts considérables pour atteindre ses objectifs. Suite aux nombreux et brillants succès obtenus par l’École d’Horlogerie de Paris lors des Expositions nationales et universelles, il reçoit en 1900 la croix de Commandeur de la Légion d’honneur, une distinction jusqu’alors inconnue dans l’histoire de l’horlogerie.

« Cette belle réussite n’est-elle pas due à la foi inébranlable de son directeur, M. Rodanet, que les difficultés incessantes qu’il a eues à surmonter, loin de le décourager, ne faisaient qu’exciter son ardeur, qu’animer son courage ? » — Denis Roussialle, délégué-rapporteur de l’Exposition universelle de Paris en 1889. Il ajoute : « C’est lui, d’après l’aveu même de ses collaborateurs, c’est lui qui a fondé l’École d’Horlogerie de Paris, comme Eiffel a construit sa tour ; c’est-à-dire qu’il a su s’entourer de collaborateurs de mérite, comme Eiffel d’ingénieurs distingués ; qu’il a fait passer ses convictions ardentes dans le cÅ“ur de son entourage, qu’il a su se choisir. Tous alors, ne faisant qu’un, la lutte devenait plus facile et le triomphe plus certain. Le triomphe, il est là, à l’Exposition de 1889 ; c’est le résultat obtenu par les nombreux élèves qu’elle forme, par la somme des travaux remarquables exposés dans la vitrine de l’enseignement technique et dans la vitrine classe XXVI, depuis le plus simple outil jusqu’au chronomètre de bord et de poche. »

Reconnaissance officielle

Les cérémonies annuelles de remise des récompenses au Palais du Trocadéro donnent lieu à des déclarations publiques de plusieurs représentants de l’État, hauts fonctionnaires, ministres, députés et préfets, reconnaissant les services rendus par l’École d’Horlogerie de Paris.

Récompenses et distinctions

Suite aux nombreux et brillants succès obtenus par l'École d'Horlogerie de Paris lors des Expositions nationales et universelles, Auguste Hilaire reçoit en 1900 la croix de Commandeur de la Légion d'honneur, une distinction jusqu'alors inconnue dans l'histoire de l'horlogerie.

L'école obtient quatre médailles d'or aux Expositions universelles et internationales : Exposition universelle de 1889 et 1900 (Paris), Exposition coloniale internationale de 1883 (Amsterdam), et Exposition universelle de 1885 (Anvers). Une médaille d'argent à l'Exposition internationale d'électricité de 1881 (Paris), un Grand Prix à l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 (Paris), ainsi qu'une médaille d'or par la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. Au total : trois diplômes d'honneur et treize diplômes de collaborateurs.

Montre de l'École d'Horlogerie de Paris Règlement de l'École d'Horlogerie de Paris 1912

Un héritage durable

Cette formation d'excellence perdure aujourd'hui au lycée Diderot à Paris (XIXe arr.). Encore à ce jour, certains élèves aiment à préciser dans leur curriculum vitae qu'ils ont reçu une formation de l'École d'Horlogerie de Paris. Sa fondation en 1880 marque un tournant dans l'histoire de l'Horlogerie Française et reste un modèle d'innovation pédagogique.